Sortir du Cadre: 2010 et la nouvelle décennie
December 26, 2009 by gholubowicz · 3 Comments
Après avoir repris la question de Jeff Jarvis “What would Google do? (part 2)“, je vous propose de continuer à chercher quel sera le futur du photojournalisme, mais cette fois, en 2010!

Fin d’année et heure des bilans. On s’embrasse en se promettant de corriger nos erreurs, de reprendre a zéro ce que l”on pense avoir rate. Les meilleurs intentions sont au rendez vous de minuit et disparaissent au petit matin dans une tasse de café noir.
La saison est donc a l’heure du bilan, Adam Westbrook reprend les 10 tendances principales selon lui de 2010, Ross Dawson explique en substance quelles sont les stratégies a adopter pour créer le futur écosystème médiatique, David Carr enfin explique dans son “After a Year of Ruin, Some Hope“ pour le New York Times que l’espoir se trouve dans le marche de niche, l’hyperlocal et surtout l’innovation en soulignant notamment le dynamisme des étudiants de l’Ecole de Journalisme de CUNY et leur travaux innovants, d’ailleurs récompensés dans le cadre des cours de Journalisme Entreprenarial dispenses par Jeff Jarvis.
Et le photojournalisme?
Notre univers déjà bien tourmente se prépare a deux chocs successifs pour l’année a venir, un bien et un mal, le Ying et le yang de la photo.
Sortir du Cadre: What would Google do? (part 2)
November 18, 2009 by gholubowicz · 1 Comment
Après avoir repris la question de Jeff Jarvis “What would Google do?“, je vous propose de continuer à chercher quel sera le futur du photojournalisme.
L’idée de mon dernier post “Sortir du Cadre” était de soulever l’épineuse question de l’innovation dont faisait preuve les acteurs de notre industrie, et en premier lieu, nous, les photojournalistes. Cette question de l’innovation – centrale à mes yeux pour espérer s’émanciper du couple presse/photographie et des aléas économiques qui le secoue – masquait en réalité une question peut être encore plus importante: sommes nous prêts à changer?
L’adoption de telle ou telle technologie n’est pas en cause ici, et le fait d’utiliser Twitter ou Facebook ou tout autre plateforme sociale ne présage pas d’une bascule des mentalités, en revanche, ce changement que j’évoque, tutoie d’avantage le modèle mythique sur lequel nous avons construit notre imaginaire professionnel et se confronte directement à l’ampleur du bouleversement.
J’ai pu mesurer d’ailleurs à quel point il est difficile de faire comprendre que derrière la question “WWGD” ce n’est pas Google en tant que tel qui est cité comme modèle absolu, mais l’esprit dans lequel les fondateurs Serguey Brin et Larry Page se sont inscrit à l’origine et duquel ils ne sont jamais vraiment départi. Un esprit d’innovation, à contre courant des modèles et des pensées établies. Certes, Google aujourd’hui est la multinationale que l’on connait avec ses volontés hégémoniques de contrôle absolu sur l’univers du web, mais contrairement à Microsoft ou Coca Cola, Google s’est développée de façon quasi exponentielle et à achevé son enfance avec une taille de géant en un temps record. Ce que les autres ont mis 30 ans ou plus à construire, Google n’en a mis que 11. On pourrait croire que le colosse soit aux pieds d’argile, mais contrairement à Facebook ou Twitter, la santé du moteur de recherche est incomparablement supérieure et pour le coup, tout à fait tangible. Un tel succès, si arrogant soit il pour certain, ne peut traduire qu’une seule chose: aucun compétiteur n’a été en mesure de fournir une solution aussi innovante que celle de Google.
C’est cette constante mise en avant de l’innovation qui a permis aux jumelles du web de conserver cette avance.
Bon. A nous maintenant.
Durant la dernière quinzaine d’année… quelle a été la véritable révolution dans notre profession: le passage de l’argentique au numérique? Le numérique a presque tout changé, mais n’a presque jamais été un atout au développement de notre industrie, quand elle ne l’a pas complètement plombée. Sinon… quoi d’autre ? On a continué d’opérer comme on opérait en 1950 sans ce soucier de l’environnement dans lequel nous nous trouvions.
Alors oui, lorsqu’une industrie secouée par la crise depuis plus de 20 ans, subit – sans même parvenir à la comprendre tout à fait – la seule et unique révolution de son histoire (trés) récente, ce n’est pas une crise d’identité mais bien une crise de créativité à laquelle nous faisons face.
Sortir du cadre: What would Google do?
November 16, 2009 by gholubowicz · 3 Comments
Après avoir présenté de nouveaux modèles sur lequel construire le photojournalisme de demain dans “Sortir du cadre: Photojournalisme, la nouvelle musique“, je vous propose de continuer à chercher quel sera le futur du photojournalisme.

De passage en France j’ai eu l’occasion de discuter avec quelques amis photographes de ce que l’avenir nous réservait. Sans surprise, tous m’ont décrit un futur sombre dans lequel nombre d’entre eux semblaient ne pas trouver leur place. Evidement, lorsqu’on considère l’état de la presse écrite en cette fin d’année 2009, il est évident qu’on ne peut que se poser la question de la pérénité de notre belle profession.
Une question qui en sous entends une autre: que faisons nous pour éviter le pire? Quelle innovation structurelle apportons nous à notre “industrie” pour la renouveler, quelle expérimentation géniale, quel concept, quelle idée pourrait renverser la situation – ou tout du moins – l’améliorer.
Professeur à la New York University, Jeff Jarvis – qui étudie les nouveaux modèles économiques liés à la presse de demain – pose la question que nous devrions tous désormais nous poser: What would Google do?
Je ne vous donnerai pas ma réponse aujourd’hui, dans ce post, il faudra attendre un peu pour cela, tant la tache est compliqué dès lors qu’il s’agit de repenser un modèle, sinon de s’en éloigner pour développer une structure radicalement différente de ce que nous connaissons.
Mais la question mérite de vous être posée. Vous autres amis photographes/photojournalistes, vous avez surement un avis ou une intuition sur ce qui pourrait être fait. Vous devez certainement, entre vous, autour d’un café refaire le monde du photojournalisme et vous dire que ceci ou cela ne fonctionne pas et qu’il faudrait changer cette façon de faire.
Vous devez certainement porter en vous ce que Brin et Page avaient en eux lorsqu’ils ont envisagé de se lancer sur le marché des moteurs de recherche.
Si vous ne vous vous posez pas la question, qu’attendez vous pour le faire?
Que ferai Google à notre place?
Le modèle Google n’est pas LE modèle à reproduire. C’est l’energie Google qu’il faut s’attacher à reproduire. Cette recherche d’innovation, ce modèle de pensée qui – qu’on aime on qu’on aime pas – a fait de Google la référence mondiale qu’elle est aujourd’hui.
La révolution d’une profession, le bouleversement d’une industrie ne se limite pas à la simple évolution technologique. Ce ne sont pas les webdocs qui nous sauverons seuls du marasme économique dans lequel nous nous trouvons – d’autant moins si l’on continue de croire qu’il faut débourser 50.000 euros pour réaliser une bonne production multimédia. La solution – mais c’est probablement là que réside également la principale difficulté – passe par un changement de mentalité, une vision nouvelle, la recherche créatrice et la catalyse des idées.
Rendons nous ce service, demain au réveil, demandons nous ce que Google ferai à notre place.
Sortir du cadre: Photojournalisme, la nouvelle musique
October 30, 2009 by gholubowicz · 3 Comments
Aprés avoir présenté une nouvelle voie pour financer le photojournalisme dans “Sortir du cadre: Photojournalisme Open(re)sources“, je vous propose de continuer à chercher quel sera le futur du photojournalisme.
Au cours de mes discussions avec quelques collègues photojournalistes je me suis aperçu qu’un trait commun nous unissait tous. Nous sommes tous des passagers du Titanic atteints du syndrome de Stockholm.
Nous connaissons tous l’histoire selon laquelle – sur le pont du Titanic – un orchestre continua de jouer jusqu’aux ultimes moments du naufrage, réfugié dans une sorte de déni de réalité, espérant secrètement un redressement de la situation pourtant scellée.
Les premières classes refusèrent dans les premiers temps de considérer le naufrage, abusées par la taille et la réputation du navire, alors même que les classes des ponts inférieurs se noyaient sans pouvoir accéder aux issues de secours. Cela vous rappelle quelque chose? Certainement. A ceci près que – dans notre cas – les classes des ponts inférieurs, au lieu de chercher les issues de secours, se réjouissent d’être embarqués dans ce beau navire et regardent, en grommelant, l’eau monter doucement. Le syndrome de Stockholm décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg, désigne ”la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers.” On appreciera.
Derrière la symbolique, c’est le schéma complet de notre organisation économique qui est à revoir si l’on souhaite sauver le photojournalisme. Je ne parle pas de l’initiative des photojournalistes, de cette force personnelle qui nous pousse à partir photographier les évènements de ce monde, cette énergie bien vivante qui nous projette dans l’actualité. Non. Je parle bien de la capacité du photojournalisme à trouver les modèles économiques qui permettront de concrétiser et soutenir financièrement cette mission d’information qui est la nôtre.
Sortir du cadre: Photojournalisme Open (re)sources
October 16, 2009 by gholubowicz · 15 Comments
Financer le photojournalisme. Un défit, une question majeure au centre des préoccupations de tous les professionnels. Produire en spéculation, partir à ses frais, tenter le coup de poker en espérant accrocher un magazine, voilà la stratégie de nombre d’entre nous. Une relation systématique, un lien pathologique, la presse, grande malade, contamine ses pairs et assèche l’offre et l’originalité. Car au fond, le photojournaliste est un sous traitant. Ses relations professionnelles, il les construits avec les rédactions, les NGO ou les clients corporate. Une relation B2B comme on dit, business to business.
Et ce ne sont pas les dernières évolutions que connaissent notre métier qui apportent une solution à ce modèle. L’apparition du webdoc et son développement - que je supporte avec force – ne résout pas le problème du financement. En réalité, il l’accentue tant l’investissement pour un webdoc solide semble important (Samuel Bolendorf évoque un coût de 50.000 à 80.000 euros – à 8′08 sur vidéo France 24).
Viennent s’implémenter deux facteurs aggravants. La dévalorisation de l’information et sa désaffection – dans sa forme actuelle – de la part du public. La culture web a détrôné la culture pub, ce qui ce vendait avant est aujourd’hui exigé gratuitement . La photographie – et le journalisme – prend de plein fouet cette culture du “free” et dégringole dans l’échelle des valeurs. Plus personne n’imagine le coût d’un reportage en Guinée pour suivre Moussa Dadis Camara, ou à Dong-Feng, la ville des moines Shaolin. D’ailleurs, on imagine pas non plus qu’il puisse y avoir un coût de production pour un sujet à Calais sur le démantèlement de la “Jungle”. Un mal qui atteint même la profession où il n’est pas rare de voir pratiqué des tarifs de piges couvrant parfois à peine le 5ème de l’investissement nécessaire pour effectuer un reportage!
Le photojournalisme respire avec une moitiée de poumon et s’asphyxie lentement.
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