Maitriser la Video – Conseils

octobre 26, 2010 by · Leave a Comment 

La vidéo vient en regard de l’image photographique pour apporterle mouvement dans le cadre. Dans un projet multimédia, elle doit être utilisée avec beaucoup d’attention et de précaution pour ne pasempiéter sur l’espace narratif de la photographie.La question que tout journaliste multimédia se pose est de savoir queltype de matériel ultiliser pour la par tie vidéo. Si l’audio doit être particulièrementirréprochable en multimédia, vous pourrez aisément intégrer des éléments vidéo de qualité moyenne sans que votre production n’en souffre démesurément.En revanche, la façon dont vous aller filmer va directement impacter laqualité de votre production. Soyez brouillons, et vous perdrez toute lisibilité dans votre narration et le lecteur décrochera de votre histoire.

L’essentiel de votre travail va devoir s’articuler en séquences.

La séquence est un terme du vocabulaire cinématographique désignant une série de plans continus qui forment une unité narrative. Il s’agit en général d’une unité de temps (et/ou de lieu).
Vous utiliserez la séquence pour rythmer votre narration, insister sur le témoignage ou à contrario, les scènes d’ambiance.
Généralement dans une production multimédia, réalisée par un photojournaliste, on preferera utiliser la séquence vidéo pour réaliser les interviews.
La place de la photographie étant réservée à la mise en image du sujet lui même, la vidéo dégagera – dans un environement controlé – à la fois les élements de témoignage et l’émotion du sujet.
  • filmez les séquences vidéo sur trépied pour éviter les tremblements.
  • utilisez un micro de bonne qualité pour enregistrer le son (toujours aussi impor tant).
  • privilégiez les endroits ou vous pourrez controler la lumière à l’aide d’un projecteur ou d’une lampe halogène.
  • controlez l’ouverture de votre caméra afin de bien détacher votre interlocuteur du fond.
  • vérifiez votre balance des blancs afin d’obtenir un résultat uniforme.

Les principaux mouvements de la caméra sont au nombre de trois :

zoom, travelling et panoramique

Tous ces mouvements doivent être effectués de la façon la plus propre possible, c’est-à-dire :

  • zoom : faites l’impasse sur le zoom numérique qui dégrade l’image, zoomez de façon progressive et constante
  • travelling : utilisez un véhicule ou un steadycam pour permettre un déplacement fluide de la caméra
  • panoramique : tachez de réduire au maximum les tremblements (un trépied avec rotule ou encore une crosse épaule peuvent vous être utiles), en évitant les panoramiques trop longs.

Surtout, ne cumulez pas les différents mouvements au sein d’une même séquence, respectez la par ticularité de chacun de ces plans!

Pensez à débuter sur un plan d’ensemble

Débutez une séquence par un plan d’ensemble afin d’offrir une vue générale des lieux sur laquelle le spectateur pourra ensuite rattacher chacun des plans qui lui seront montrés. Utilisez la logique narrative qui veut qu’on aille du général au particulier.

STRUCTUREZ votre récit et construisez en amont vos séquences. Alternez les angles de vue. Ne vous contentez pas de filmer un lieu ou un objet sous un angle donné. Votre séquence sera d’autant plus riche et agréable visuellement que vous l’aborderez sous des angles variés.

10 conseils à suivre en 2009 pour être un bon photojournaliste

décembre 30, 2008 by · 4 Comments 

20081225URBANVIEW-1

Fin d’année et bonnes résolutions sont en vue. Dans ce domaine tout le monde a fort à faire. Voici 10 conseils (que je devrais également suivre) pour devenir un meilleur photojournaliste. #

  1. L’outil. Le photographe est celui qui écrit avec la lumière, le photojournaliste donne un point de vue et rapporte une information. Dans ce processus intellectuel, la part de l’outil utilise est grande, mais ne doit pas être centrale. L’outil doit savoir s’effacer sous les doigts du photographe et ne plus faire qu’un pour capturer l’essentiel. Peu importe sa nature. C’est la rencontre de cette fraction de temps et du photographe qui sait la voir qui fait la photo. Sachez naviguer entre le numérique et l’argentique, ne les opposez pas. Chaque outil a son propre rythme et répond aux exigences du sujet sur lequel vous travaillerez. L’outil doit servir l’histoire que vous racontez, épouser son temps de narration. Du grain au pixel le trait d’union c’est vous.
  2. Réinventez l’histoire. Tout est déjà fait! Si Michel Ange s’en était tenu à cet adage en voyant les œuvres de Piero della Francesca, nous n’aurions jamais eu la Chapelle Sixtine. Renouvelez les genres, explorez les voies nouvelles et tentez les expériences! Si deux chemins se présentent à vous, choisissez le plus ardu, de l’effort que vous fournirez pour le parcourir sortira quelque chose de meilleur. Soyez inspire mais pas dépendant, soyez novateur et pas suiveur. Ok, ok, plus facile à dire qu’à faire… l’essentiel c’est de le faire.
  3. Ouvrez votre regard. Soyez prêts à voir ce que les autres ne voient pas. Photographier un évènement c’est aussi ça. Retrouver dans l’ordonnancement des choses la cohérence de votre regard et figer la scène pour le reste des temps. Préparez-vous à l’inattendu. Lorsqu’on travaille sur une histoire, on peut souvent se retrouver enfermé, trop occupé à ne voir que ce que l’on cherche, trop concentré sur l’histoire pour éviter de rencontrer d’autres histoires. L’expression créative de notre regard trouve sa pleine mesure dans ces imprévisibles moments.
  4. Ne lâchez pas prise. Conseil de vie, conseil de photographe. Ne lâchez pas prise, même si c’est la crise! Si vous croyez en votre œil et que votre démarche est construite autour d’une réflexion créative et commerciale forte, alors vous y arriverez. Photojournaliste n’est pas un métier facile. Examinez vos archives, les photos prises en 2008, et voyez celles dont vous êtes pleinement satisfait. Combien y en a-t-il? Fort à parier que vous vous attendiez à en trouver plus. A en voir des images plus fortes, plus construites que celle que vous avez photographiée. Demandez-vous pourquoi. Avez-vous résisté au contentement facile, au temps qui presse? Avez-vous renoncé à ce dernier coup d’œil, à ces dernières minutes d’attente, à sortir sous la pluie ou sous la neige? Avez-vous préféré Drucker au sirop de la rue, les lumières cathodiques à celle de l’éclairage public. Si oui, vous savez quoi faire.
  5. A la poursuite de la “bonne” image.
    C’est la quête de beaucoup d’entre nous, mais pourtant c’est la pire de toute. Pour “LA” bonne photo à réaliser, allez au rayon photographie de la FNAC la plus proche de chez vous et dévalisez la pile de manuels qui y sont entassé, vous y trouverez moult conseils. Pour moi la bonne photo est d’avantage celle qui exprime au mieux notre relation avec le monde. Comme individu, nous nous inscrivons avec curiosité dans le court du temps, fixant ce qui nous semble relever du moment magique. La finalité n’est donc pas créer un produit parfait, répondant à une liste de critères long comme le bras, mais bien de reproduire avec sens un lien évanoui entre les hommes et les choses qui nous entourent. C’est ce qui définit notre engagement dans ce monde, et finalement peu importe le médium ou le résultat.
  6. Montrez, montrez, montrez. Tout ça est une histoire de choix. Une subjectivité du regard qui élimine du champ le reste du monde pour ne montrer qu’une fraction de cet univers. On cadre, on recadre, on édite, on sélectionne et on imprime ou on expose. L’idée est de montrer. Montrer ce qu’on a délibérément choisi, exclu, du flot continu. Montrer aux autres, a ces cultures et ces visions différentes nos choix, montrer et recevoir les critiques en retour, les points de vues, les additions et les soustractions. Puis reprendre le travail effectué, quand le temps et le poids de l’investissement s’estompe pour permettre de choisir à nouveau, plus riche du regard des autres, et enfin représenter son travail.
  7. Tuez le père. Pour moi il y en a eu plusieurs qui ont “marqué” mon imaginaire d’ado aspirant photographe. Chauvel et Peress, Nachtwey ou Burrows… Koudelka pour ne citer qu’eux. Un style, des thèmes qui leur sont chers, tous ces photographes ont des identités fortes qui peuvent vous freiner, vous enfermer dans une routine visuelle, surtout s’ils vous ont inspiré. Encore une fois, sortez des clichés et réinventez ce que vous avez dans la tête. Pour que le père devienne un pair.
  8. Alors, Couleur ou N&B? Le premier ancre le spectateur dans le réel, le second fait appel à l’abstraction. J’ai commencé la photo en Noir et Blanc, moins cher et plus facile, pas besoin de se battre avec les différentes qualités decouleur et leur saturation. Au labo évidement, même combat, process
  1. plus aisé et produits plus abordables. La couleur est venue avec le
    numérique, plus immédiat, plus demandé, j’ai été très déçu des premiers
    résultats, puis j’ai appris à réaliser une balance de blancs, corriger
    les balances chromatiques et jouer sur la saturation des couleurs.
    Aujourd’hui je retourne au Noir et Blanc, parce que je ne vois pas en
    couleur ce que je vois en N&B et que je ne veux plus passer à cote
    de ces images que je voyais jadis et que j’ai failli oublier.
  2. A faire et ne pas faire.
    Achetez un bon appareil photo. Mon top: Canon 5D mark II ou Nikon D700,
    Panasonic DMC-LX3 ou Sigma DP2. Achetez de bonnes optiques, de très
    très bonnes optiques. Ayez des cartes rapides, genre Sandisk Extreme 4.
    Cote logiciel Lightroom, ça suffit pour commencer, Photoshop si vous
    pouvez, Expression Media pour cataloguer de gros volumes d’image.
    Stockez sur HD externe, DVD-DL. Ne préférez pas un boitier cher plutôt
    qu’une optique chère. Ne supprimez pas d’images vous le regretteriez,
    n’investissez pas dans un mark III si un compact vous suffit,
    l’essentiel est de faire des photos.
  3. Aimez!
    Attachez-vous à photographier ce qui est important pour vous! Ce qui est
    essentiel, ce qui vous plait le plus. Faites-le avec passion, avec
    application et engagement. Documentez-vous, dévorez les plus d’infos
    sur le sujet qui vous intéresse. Faites en le tour plusieurs fois,
    amusez-vous, tentez des choses, respectez votre travail et l’objet de
    votre travail. Cette relation avec le sujet photographié est unique,
    comme je l’ai dit, elle vous connecte à ce monde et définit la
    relation que vous avez avec lui. Prenez le temps de choisir la lumière,
    le moment de la journée qui paraitra mettre en valeur ce que
    vous voulez montrer. Évitez midi, préférez le matin, le soir ou la
    nuit. Préférez la lumière ambiante et si vous aimez travailler en
    lumière artificielle, composez la soigneusement. Approchez-vous du
    sujet, Capa l’a déjà dit, n’ayez pas peur de lui. De face, de profil,
    de dos, cherchez le meilleur angle, la meilleure approche. Soyez franc
    et direct, honnête dans votre démarche et fidèle à vos idées. Soyez
    rigoureux. Ne faites pas l’artiste ou le pro, ne faites pas le blasé ou
    l’idiot. Soyez-vous même et aimez faire ce que vous faites. Aimez les
    gens, soyez curieux, soyez aussi prudents. Parce que vivre de ce
    travail est dur, il est préférable de vivre pour.
  4. Bonne Année 2009 à tous, j’espère être à la hauteur de ces quelques conseils. #
Related Posts with Thumbnails