Sortir du Cadre: Laisser faire ou se battre?

May 17, 2010 by gholubowicz · Leave a Comment 

Après avoir esquissé ce que pourrait être l’agence du XXIeme siecle dans Parenthèse pour Cas Pratique, je vous propose de continuer à chercher quel sera le futur du photojournalisme.

C’est un cycle immuable depuis quelques années. Une crise survient et la question est posée: “Quel avenir pour le photojournalisme”.

Les réponses les plus communément rencontrées sur les forums, Facebook, Twitter ou les blogs spécialisés, dans la vraie vie sont généralement de deux ordres. Les pessimistes: sombre, difficile, compromis, voué a l’extinction, nul. Et les incertaines : illisible, incompréhensible, peu rassurant.

Puis chacun ensuite, dresse la liste des ennemis à abattre. Getty en tête, les Low cost agencies, Creative Commons, l’Orphan work bill, DR, la  saturation du marché, les amateurs, les financiers, le numérique, Internet, Flickr, les magazines, la culture, les débouchés, la distribution etc…

Tous les acteurs de la photo, éditeurs, agents et photographes, unis dans un même chorus, crient au désespoir, à l’agonie, au scandale. Les témoignages se succèdent pour raconter combien la vie est dure, combien il est difficile de survivre. Apparaissent dans le même temps quelques bonnes âmes, qui, assises dans de confortables fauteuils nous expliquent comment utiliser notre carte de crédit avant de recevoir leur précieux conseils en marketing.  Enfin les ténors se font entendre et clament que non, la profession n’est pas morte, “Regardez le travail de X ou de Y, photographe fantastique, parti au péril de sa vie et au dépens de son conseiller bancaire, dans un des quatre coins de notre globe (étrange concept du globe aux quatre coins) pour nous rapporter un témoignage unique.” Non définitivement le photojournalisme n’est pas mort, ouf on respire, tout le monde est rassuré. Rentrez chez vous, y a plus rien à voir.

A ce stade le calme revient jusqu’à ce qu’un nouvel évènement ce produise et c’est à nouveau la crise d’épilepsie.

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Sortir du Cadre: What would Google do? (part 2)

November 18, 2009 by gholubowicz · 1 Comment 

Après avoir repris la question de Jeff Jarvis “What would Google do?“, je vous propose de continuer à chercher quel sera le futur du photojournalisme.

large16L’idée de mon dernier post “Sortir du Cadre” était de soulever l’épineuse question de l’innovation dont faisait preuve les acteurs de notre industrie, et en premier lieu, nous, les photojournalistes. Cette question de l’innovation – centrale à mes yeux pour espérer s’émanciper du couple presse/photographie et des aléas économiques qui le secoue – masquait en réalité une question peut être encore plus importante:  sommes nous prêts à changer?

L’adoption de telle ou telle technologie n’est pas en cause ici, et le fait d’utiliser Twitter ou Facebook ou tout autre plateforme sociale ne présage pas d’une bascule des mentalités, en revanche, ce changement que j’évoque, tutoie d’avantage le modèle mythique sur lequel nous avons construit notre imaginaire professionnel et se confronte directement à l’ampleur du bouleversement.
J’ai pu mesurer d’ailleurs à quel point il est difficile de faire comprendre que derrière la question “WWGD” ce n’est pas Google en tant que tel qui est cité comme modèle absolu, mais l’esprit dans lequel les fondateurs Serguey Brin et Larry Page se sont inscrit à l’origine et duquel ils ne sont jamais vraiment départi. Un esprit d’innovation, à contre courant des modèles et des pensées établies. Certes, Google aujourd’hui est la multinationale que l’on connait avec ses volontés hégémoniques de contrôle absolu sur l’univers du web, mais contrairement à Microsoft ou Coca Cola, Google s’est développée de façon quasi exponentielle et à achevé son enfance avec une taille de géant en un temps record. Ce que les autres ont mis 30 ans ou plus à construire, Google n’en a mis que 11. On pourrait croire que le colosse soit aux pieds d’argile, mais contrairement à Facebook ou Twitter, la santé du moteur de recherche est incomparablement supérieure et pour le coup, tout à fait tangible. Un tel succès, si arrogant soit il pour certain, ne peut traduire qu’une seule chose: aucun compétiteur n’a été en mesure de fournir une solution aussi innovante que celle de Google.

C’est cette constante mise en avant de l’innovation qui a permis aux jumelles du web de conserver cette avance.
Bon. A nous maintenant.

Durant la dernière quinzaine d’année… quelle a été la véritable révolution dans notre profession: le passage de l’argentique au numérique? Le numérique a presque tout changé, mais n’a presque jamais été un atout au développement de notre industrie, quand elle ne l’a pas complètement plombée. Sinon… quoi d’autre ? On a continué d’opérer comme on opérait en 1950 sans ce soucier de l’environnement dans lequel nous nous trouvions.

Alors oui, lorsqu’une industrie secouée par la crise depuis plus de 20 ans, subit – sans même parvenir à la comprendre tout à fait – la seule et unique révolution de son histoire (trés) récente, ce n’est pas une crise d’identité mais bien une crise de créativité à laquelle nous faisons face.

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Sortir du Cadre: Photojournalistes n’ayez pas peur d’Internet

April 17, 2009 by gholubowicz · 2 Comments 


Si vous pensez qu’Internet et l’endroit qui ressemble le plus a l’antre du diable. Si vous estimez que le Web est un endroit dérégulé, où vos images une fois déposées vont être victime d’un pillage sans fois ni loi. Si vous imaginez pouvoir vous passer d’Internet et ses outils pour développer votre carrière photographique, alors répondez à ceci: Refuseriez vous de passer gratuitement à la TV, tous les jours, pour parler de votre boulot à la terre entière. A moins d’être inconscient, non!

Internet n’est pas la nouvelle contrainte avec laquelle “on doit faire avec”. Ni instrument de torture, ni mine d’or, Internet est un outil dont il faut savoir profiter pleinement.

Un site web, pourquoi?

Je suis frappé de voir qu’une majorité de collègues français ne disposent pas de site internet, alors qu’au contraire, la majorité de mes collègues américains disposent au moins d’un site type “portfolio”. Qu’ils soient staffers ou freelance, nos amis d’outre-atlantique sont infiniment plus actifs sur la toile que les photographes de l’hexagone. Réseaux sociaux, sites, plates-formes photos, multimédia, tous les outils sont bons pour développer et promouvoir leur vision, leur nom, leurs projets, échanger leurs points de vue, apprendre et enseigner, créer et diffuser leurs idées.
Internet n’est pas vécu comme une menace mais comme une opportunité, que chacun peut saisir et tourner à sa sauce.
Alors un site Web pourquoi faire?

- Présenter son travail dans un endroit valorisé. Nombre photographe regrettent souvent de voir leur travail diminué ou déprécié par une mauvaise publication. Votre site portfolio est un lieu sanctuaire, où vous pouvez déployer vos sujets photo sans contrainte.
- Développer votre présence. La photographie c’est avant tout le partage d’un point de vue. En multipliant votre présence sur internet, vous toucherez une audience plus grande. Quel que soit votre regard, vous apporterez votre point de vue unique à un public plus large.
- Générer des revenus. Avec la bonne stratégie et un peu de travail il est aujourd’hui possible de générer des revenus via internet. J’entends d’ici les critiques: on ne peut pas vivre en vendant des photos sur internet. Je répondrai: il n’y a pas de petits revenus, de revenus complémentaires ou de sous revenus… il y a des revenus. Point.

Les usages.
La solution la plus progressive vient de Photoshelter. Depuis la “mort” virtuelle de Digital Railroad, PS est la seule plate-forme à offrir une solution “agency-like, portfolio-business ready” pour photographes. L’offre starter est gratuite pour 150Mo d’hébergement non configurable (je l’ai utilisée pendant plus d’un an pour présenter mon travail via lightbox et slideshow flash). Viennent ensuite les offres au mois le mois ou avec engagement sur un an, entièrement configurable.
A voir aussi Livebooks.com, Smugsmug.com, Foliolink.com ou IFP3 pour les solutions tout intégrées. Neonsky, un des leader dans le segment portfolio et Netfolio sont aussi des solutions a envisager. Pour ma part (on est jamais mieux servi que par soit même;-) j’ai également développé mes outils via O2creation.
En tous cas, n’ayez pas peur de diffuser votre travail sur le net. Affichez vos images en grand, clairement dans un écrin signé à votre nom.

Investissez les réseaux.
Prochaine étape: faites parler de vous! Vous avez créé le début d’une dynamique, vous devez aller jusqu’au bout. Investissez les réseaux sociaux. Facebook, LinkedIn, Viadeo, Twitter, Lightstalker et autres Votre profil servira de connexion avec les pros déjà présents sur ces réseaux. Mettez y les liens vers votre portfolio, votre blog (un autre outil très utile pour créer du trafic sur votre site), votre agence ou votre plate-forme de distribution, vers vos galeries. N’hésitez pas a renouveler votre statut régulièrement, plusieurs fois par semaine. Participez aux discussions et partagez vos idées. Pour ceux que l’anglais effraie, tentez Twitter en premier. Vous n’avez qu’une phrase ou deux a écrire (140 caractères), c’est facile et très addictif.
Le but de la manœuvre est de générer du buzz autour de vous et de votre travail. Le meilleur moyen pour ne pas être dépassé par l’outil est d’en rester strictement au professionnel “détendu”, ou “casual”.

Tentez de nouvelles approches.
Les apparitions de nouveaux outils online sont autant d’aubaines de développement pour un photographe. Multimedia, auto édition, galeries d’art virtuelles (ou pas), concours s’offrent a tout ceux qui prennent la peine de se pencher sur leur promotion.
Le Multimédia est LA stratégie de développement pour le photographe et pour les agences . Pour les premiers pas je vous conseille multimediashooter.com, un blog très bien fait qui propose d’ailleurs un starter kit pour photographe multimédia. Cote inspiration, vous pouvez toujours visiter Mediastorm.org, the37thframe.com, the rawfile.org ou le dernier dossier de the digitaljournalist.org. Outre l’interactivité et l’aspect dynamique, le multimédia enrichit l’expérience photographique par l’apport du son, créant l’intimité entre sujet et spectateur. J’aime d’ailleurs beaucoup ce concept diffusé sur France 5 (je visionne les épisodes sur le net)  “En Campagne” ou deux jeunes reporters, Aurélie Sfez et Julien Cernobori sillonnent les routes de France à la rencontre de ceux que l’on nomme “les ruraux”. Cette série a beau être de la TV, les deux reporters prennent le son façon radio… et donnent une dimension vraiment différente aux images. L’inspiration est donc partout, suffit de la trouver et se donner la peine.

L’auto édition se développe également, même si le prix des livres reste assez important – comptez 50$ le livre- c’est une bonne opportunité pour créer des maquettes de présentation a destination des véritables éditeurs. Deux leaders se disputent le marché: blurb.com et (un peu plus cher) asukabook.com et récemment sous une forme plus magazine Magcloud.com.
J’ai moi même tenté le coup avec blurb et j’avoue être plutôt satisfait du résultat (à voir ici).

Enfin en ce qui concerne la vente de tirage d’art, la formule encore frémissante se décline via les formules online “grand public” comme wantedparis.com ou imagekind.com.
Photoshelter offre également une formule de vente de tirage via EZ Print qui présente l’avantage d’obtenir le tirage sous cadre.

Sortez du Cadre, explorez les nouvelles voies!
Le but de ce post n’est pas d’être exhaustif mais bien de vous montrer qu’il est possible de s’approprier internet et ses outils pour le plus grand bien de son activité. Bien entendu, le “risque” de voir ses images être copiées sur la toile n’est évidement pas nul – bien que marginal – mais soyez prudent dans votre réaction. Que vous vaudra une crispation exagérée sur la question des
droits d’auteurs? A vous de juger le rapport bénéfice/perte de la démarche, mais fort à parier que le copieur aura agit de la sorte pour promouvoir votre travail, signaler une actualité vous concernant ou tout simplement indiquer son coup de cœur. Décevoir un fan ou risquer une mauvaise critique sur internet, c’est s’exposer à une contre publicité néfaste à sa renommée et au final à son travail. Ce qui plaît au public a toutes les chances de plaire à un éditeur, un service photo ou un galeriste et comme tous, ils utilisent désormais internet pour repérer les nouvelles valeurs montantes de la photo. Aujourd’hui et encore plus demain, les David du monde analogique peuvent être les Goliath de l’univers numérique, à vous de rejoindre le groupe des Goliath.

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