i-docs avec un i comme interactif…

février 21, 2011 by · 1 Comment 

Le paysage du web documentaire en 2011 est encore très limité. En un peu plus de cinq ans d’existence le « webdoc » a connu un engouement sans précèdent auprès des photojournalistes, des professionnels de l’image et commence à atteindre le grand public. Pourtant il est déjà temps de passer à autre chose, il est temps de passer à l’idoc.

A l’origine du webdoc, le documentaire.

Le terme de web-documentaire tire son origine d’un rapprochement des technologies du web à un genre cinématographique bien connu dont les racines remontent aux années 1920 .
Dans le documentaire, un argumentaire ou un point de vue est exprimé à travers l’assemblage séquentiel de différents médias – image vidéo ou photo, sons et commentaires. Il vise à représenter le monde dans sa dimension historique. Traditionnellement, le documentaire peut embrasser diffèrent types d’intentions, du simple catalogue d’évènements au pamphlet militant ou politique, mais reste identifié comme une représentation du réel – qui même filtrée ou modérée – diffère fondamentalement de la pure fiction. L’historien et théoricien Américain, Bill Nichols explique que les documentaires ont un rapport intime avec le monde « Historique » et sont conduit par une logique informative qui supporte un argumentaire ou une vision de ce monde. Le genre repose sur l’étroitesse des liens qui relient le film à la réalité historique plutôt qu’avec une forme de continuité narrative artificielle au service d’un sujet fictionnel. Le documentaire n’est pas organisé autour d’un personnage principal, mais d’un argument ou d’une logique dont les racines sont ancrées dans la réalité Historique. Les attentes du public sont également essentielles si l’on souhaite définir le genre.

C’est ce que le spectateur perçoit de la relation qu’entretient le documentaire avec le réel, l’étroitesse du lien et le point de vue que le réalisateur offre sur le monde qui va établir avec certitude la nature d’un film documentaire.

Lev Manovich, Professeur d’Art Visuel à l’université de San Diego et théoricien des Nouveaux Médias, met en lumière dans la structure du Web Documentaire, la prédominance des ensembles de données sur la narration proprement dite. Manovich distingue les « données », qui constituent l’ensemble des éléments matériel servant à réaliser l’histoire (vidéo, audio, graphiques, textes, musiques etc.), de la « narration », qui  représente la trajectoire virtuelle reliant ces données les unes aux autres. La  principale différence entre le documentaire et le Web documentaire tient donc dans l’accès qu’a le public à cette base de données et ce qu’il peut en faire.
Le Documentaire consiste en une collection extensive de contenus, raffinés et condensés par le réalisateur pour former un produit dont l’interface vidéo (linéaire par nature) ne permet qu’une navigation limitée et n’autorise ni l’accès aux données périphériques initialement utilisées par le documentaire (scènes coupées, textes, archives etc.) ni l’intervention dynamique du public. En revanche si l’on considère un webdoc, le public manipule aléatoirement – à travers une interface utilisateur sophistiqué – les données (textes, statistiques, cartes etc.) pour naviguer dans le contenu ou chercher des informations précises, sélectionner des éléments de l’histoire pour emprunter un chemin nouveau dans la trame narrative qui viendra étendre le champ de l’expérience utilisateur.

Pour résumer le premier (documentaire) est un objet fini et figé, délivré à une audience (groupe passif), quand le second (webdoc)  est un objet modulaire et variable, mis à disposition d’un public (groupe actif).

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i-docs avec un « i » comme « interaction »

février 21, 2011 by · 6 Comments 

Le paysage du web documentaire en 2011 est encore très limité. En un peu plus de cinq ans d’existence le « webdoc » a connu un engouement sans précèdent auprès des photojournalistes, des professionnels de l’image et commence à atteindre le grand public. Pourtant il est déjà temps de passer à autre chose, il est temps de passer à l’idoc.

A l’origine du webdoc, le documentaire.

Le terme de web-documentaire tire son origine d’un rapprochement des technologies du web à un genre cinématographique bien connu dont les racines remontent aux années 1920 .
Dans le documentaire, un argumentaire ou un point de vue est exprimé à travers l’assemblage séquentiel de différents médias – image vidéo ou photo, sons et commentaires. Il vise à représenter le monde dans sa dimension historique. Traditionnellement, le documentaire peut embrasser diffèrent types d’intentions, du simple catalogue d’évènements au pamphlet militant ou politique, mais reste identifié comme une représentation du réel – qui même filtrée ou modérée – diffère fondamentalement de la pure fiction. L’historien et théoricien Américain, Bill Nichols explique que les documentaires ont un rapport intime avec le monde « Historique » et sont conduit par une logique informative qui supporte un argumentaire ou une vision de ce monde. Le genre repose sur l’étroitesse des liens qui relient le film à la réalité historique plutôt qu’avec une forme de continuité narrative artificielle au service d’un sujet fictionnel. Le documentaire n’est pas organisé autour d’un personnage principal, mais d’un argument ou d’une logique dont les racines sont ancrées dans la réalité Historique. Les attentes du public sont également essentielles si l’on souhaite définir le genre.

C’est ce que le spectateur perçoit de la relation qu’entretient le documentaire avec le réel, l’étroitesse du lien et le point de vue que le réalisateur offre sur le monde qui va établir avec certitude la nature d’un film documentaire.

Lev Manovich, Professeur d’Art Visuel à l’université de San Diego et théoricien des Nouveaux Médias, met en lumière dans la structure du Web Documentaire, la prédominance des ensembles de données sur la narration proprement dite. Manovich distingue les « données », qui constituent l’ensemble des éléments matériel servant à réaliser l’histoire (vidéo, audio, graphiques, textes, musiques etc.), de la « narration », qui  représente la trajectoire virtuelle reliant ces données les unes aux autres. La  principale différence entre le documentaire et le Web documentaire tient donc dans l’accès qu’a le public à cette base de données et ce qu’il peut en faire.
Le Documentaire consiste en une collection extensive de contenus, raffinés et condensés par le réalisateur pour former un produit dont l’interface vidéo (linéaire par nature) ne permet qu’une navigation limitée et n’autorise ni l’accès aux données périphériques initialement utilisées par le documentaire (scènes coupées, textes, archives etc.) ni l’intervention dynamique du public. En revanche si l’on considère un webdoc, le public manipule aléatoirement – à travers une interface utilisateur sophistiqué – les données (textes, statistiques, cartes etc.) pour naviguer dans le contenu ou chercher des informations précises, sélectionner des éléments de l’histoire pour emprunter un chemin nouveau dans la trame narrative qui viendra étendre le champ de l’expérience utilisateur.

Pour résumer le premier (documentaire) est un objet fini et figé, délivré à une audience (groupe passif), quand le second (webdoc)  est un objet modulaire et variable, mis à disposition d’un public (groupe actif).

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Sortir du cadre: Photojournalisme Open (re)sources

octobre 16, 2009 by · 17 Comments 


Financer le photojournalisme. Un défit, une question majeure au centre des préoccupations de tous les professionnels. Produire en spéculation, partir à ses frais, tenter le coup de poker en espérant accrocher un magazine, voilà la stratégie de nombre d’entre nous. Une relation systématique, un lien pathologique, la presse, grande malade, contamine ses pairs et assèche l’offre et l’originalité. Car au fond, le photojournaliste est un sous traitant. Ses relations professionnelles, il les construits avec les rédactions, les NGO  ou les clients corporate. Une relation B2B comme on dit, business to business.

Et ce ne sont pas les dernières évolutions que connaissent notre métier qui apportent une solution à ce modèle. L’apparition du webdoc et son développement - que je supporte avec force – ne résout pas le problème du financement. En réalité, il l’accentue tant l’investissement pour un webdoc solide semble important (Samuel Bolendorf évoque un coût de 50.000 à 80.000 euros – à 8’08 sur vidéo France 24).

Viennent s’implémenter deux facteurs aggravants. La dévalorisation de l’information et sa désaffection – dans sa forme actuelle – de la part du public. La culture web a détrôné la culture pub, ce qui ce vendait avant est aujourd’hui exigé gratuitement . La photographie – et le journalisme – prend de plein fouet cette culture du « free » et dégringole dans l’échelle des valeurs. Plus personne n’imagine le coût d’un reportage en Guinée pour suivre Moussa Dadis Camara, ou à Dong-Feng, la ville des moines Shaolin. D’ailleurs, on imagine pas non plus qu’il puisse y avoir un coût de production pour un sujet à Calais sur le démantèlement de la « Jungle ». Un mal qui atteint même la profession où il n’est pas rare de voir pratiqué des tarifs de piges couvrant parfois à peine le 5ème de l’investissement nécessaire pour effectuer un reportage!

Le photojournalisme respire avec une moitiée de poumon et s’asphyxie lentement.
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